Tu m'avais serré fort avant de te détourner,
probablement encore un dernier geste de la main, et ton sourire sans les yeux,
et puis tu étais monté dans le camion,
tu nous avais quitté pour une nouvelle vie.
Je n'en reviens toujours pas que tu sois parti.

On avait essayé de faire des blagues pour te faire rire
Pour rire et remplir le silence
La pièce où tu avais vécue emplie de livres, ceux que tu ne voulais plus et que tu nous donnais
On a bu du vin une dernière fois

Après je ne sais pas.

 

Je sais pas grand-chose en fait.

Que j’aime pas qu’on me touche mais que ça me touchait quand c’était toi

Je sais pas pourquoi.

Peut-être parce qu’on était bourrés

Ou que ça en disait beaucoup, comme un truc de toujours entre les Hommes, ce truc de ne pas se parler et de s’assoir épaule contre épaule, un truc d’animal blotti ou de l’enfance quand on nous carresse les cheveux.

 

Cet après-midi dans ton repaire est déjà un souvenir

Les banquettes zébrées et la serveuse avec une tresse dans le dos

Je nous y revois comme dans ces boules que l’on secoue pour regarder les flocons en suspension

Combien de temps vais-je t’y revoir ?

 

J’aimerais ne jamais terminer ce texte

Merci de m’avoir encouragée à écrire

Tant que j’écris je comble le vide

Causé par ton absence.